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Ph14 : Enola

03.11.09 | Comment?

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Phrench Phries Podcast Vol.14 - Enola
Récupérez le Podcast via : Itunes

Son nouvel album est sorti hier. Enola c’est la moitié de Noirdegout mais il a décidé de se lancer en solo pour nous offrir Alone. (Arriverez-vous à repérer l’ultime subtilité cachée dans le titre ?)

Condensé de minimale fragile et racée, Alone nous emmène loin, à Shibuya et par delà les frontières. C’est aussi la mission de ce podcast. En prime on y ajoute une interview qui vous permettra sans doute d’en savoir un peu plus sur ce mystèrieux personnage.

Quel a été ton parcours musical jusqu’à présent ?

Le choc révélateur a été l’écoute de “Shapes Under Water” de Laurent Garnier et “Bleu” de Scan X. Je retrouvais enfin le spleen “cosmique” que j’aimais tant dans la musique de Pink Floyd, Bowie ou Portishead, couplé avec une énergie “dancefloor” irrésistible. C’était il y a plus de dix ans déjà, et depuis je n’ai cessé de m’immerger dans la house et la techno, commençant par le Deejaying, puis la production sous le nom de Noirdegout. Puis cela a été la rencontre avec Initial Cuts et le début de ma fructueuse collaboration avec Fabrice & Gilles, boss du fameux label parisien, avec deux maxis de Noirdegout (“Late Night Cities” et “A Frog on the Beach”), et enfin la naissance de mon projet solo Enola.

Sortir un album, un rêve devenu réalité ?

Mon album s’appelle “Alone” car il s’agit de l’acte de naissance d’Enola, le projet solo sur lequel je n’ai eu comme seule contrainte que celle de suivre mes envies. Une vraie bouffée de liberté artistique, d’autant que je ne me suis jamais senti “censuré” par le label. Au contraire, le fait de travailler en étroite collaboration avec Initial Cuts pendant tout le processus créatif m’a apporté un recul salvateur sur mon travail, me poussant à l’améliorer et à aller vraiment au bout d’une idée, sans me disperser en chemin. En résulte dix titres à mi-chemin entre la house et la techno, alliant groove chaleureux et mélancolie planante, passages downtempo et intensité dancefloor, s’adressant autant aux spécialistes qu’aux non-initiés.

La mélodie, c’est aussi le centre de ta musique ?

La mélodie est le fondement de mon travail, définitivement! C’est elle qui va me permettre d’insuffler de l’émotion dans un morceau, d’y imprimer ce que j’ai au fond des tripes et du coeur. C’est aussi grâce à elle que l’on peut raconter une véritable histoire et finalement produire quelque chose qui ira bien au-dela d’un simple plaisir éphémère. Voila mon unique ambition: composer une musique “incarnée” qui puisse s’inscrire longtemps dans la mémoire du public. Tu souris constamment quand tu joues en DJ. Décris nous ta vision du dancefloor.

J’adore la musique, elle me rend heureux, et je ne m’imagine pas vivre sans elle! Derrière les platines je suis donc en mode “total hédonisme” et j’aime à croire que ma bonne humeur a quelque chose de communicatif. En ce qui concerne le live-act, je peux paraître plus tendu car il s’agit de ma propre musique, livrée directement au public et à son jugement immédiat; ce qui en fait une expérience excitante mais angoissante, jouissive et douloureuse . De toute façon le dancefloor est un endroit “extrême”, ou tous les sentiments sont exacerbés. Mon travail est de canaliser cette énergie et en tirer un maximum de plaisir pour tous les gens présents. C’est une alchimie délicate à maintenir, entre attentes récompensées et frustration savamment entretenues, hymnes inévitables et découvertes sublimes. Quelles ont été tes 3 dernières découvertes musicales ?

La musique belle et subtile du Kollectiv Turmstrasse, et notamment leur remix du “Touch too much” de Hot Chip : magique. Un documentaire réalisé par D.A Pennebaker sur la tournée promo de l’album “Music for the Masses” de Depeche Mode: l’occasion de réécouter “The Things You Said”, “Everything Counts”,”Shake The Disease” ou bien « Never Let Me Down Again ». Enorme source d’inspiration pour moi, et qui m’a permis, notamment, d’assumer mon amour immodéré pour les atmosphères lyriques et romantiques. Et enfin “Lost in Shibuya”, un des morceaux de mon album, que j’ai récemment redécouvert en préparant mon live : oscillant entre pop et deep techno, c’est un track qui à la fois me touche beaucoup et me donne envie de danser. La musique oui, mais les livres, le cinéma, la photo, l’art…ça t’intéresse aussi ?

Mon approche de la musique est totalement conditionnée par ma “cinéphagie”, car selon moi deux ingrédients sont nécessaires pour faire un bon morceau ou un bon film: l’intensité dramatique et le pouvoir d’évocation. Je suis aussi très influencé par des compositeurs de B.O tels que Danny Elfman, James Newton Howard ou Thomas Newman, des artistes qui savent mélanger séquences épiques et moments intimistes, mélancoliques. Rayon littérature, j’aime certains auteurs contemporains américains, comme James Ellroy, Bret Easton Ellis, Hunther Thompson ou Hubert Selby jr, et je voue une vraie passion aux BD écrites par Alan Moore.

Besançon, le nouveau Detroit ?

Besançon n’est clairement ni Detroit, ni Berlin, mais constitue une excellente base de repli ou je peux puiser énergie et inspiration. J’y ai trouvé mon équilibre et une certaine hygiène de vie.

Remixes, collaborations, featurings…avec quels artistes aimerais tu collaborer ?

Scan X et Rodriguez Jr, mais c’est déjà fait car le premier a mixé et masterisé mon album, et le deuxième remixé “Words in a Bottle” extrait de ce même album. Dans les deux cas, la collaboration m’a appris beaucoup de choses et s’est montrée largement à la hauteur de mes espérances! En guise de fantasme ultime, je me verrais bien produire, un jour un morceau avec David Bowie : après ça je pourrai mourir tranquille.

Tu te vois où dans un an ?

Sur une grande scène a Berlin ou Barcelone, avec l’équipe d’Initial Cuts au complet et ma copine, pour fêter le succès de mon premier album “Alone”… derrière les platines évidemment !

Posté par Phunk
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