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» De Sister Phunk pour vous

ITWs, Music, Non classé

Maintenant il faut vraiment que l’album sorte

26.11.09 | Comment?

Vous répétez toujours ici ? C’est un peu comme à la maison à force ? C’est important dans votre méthode de travail, d’avoir des points de repère, de partager des trucs ensembles même hors de la musique ?

Lionel : Ouais. Evidemment. On parle beaucoup de cinéma, avec Hervé notamment.

Hervé : C’est un peu plus difficile dans la mesure où je vis à Strasbourg, mais quand on a le temps on essaye de passer du bon temps ensemble, on s’amuse bien.

Alors déjà pour commencer je vous préviens dans les années 80 il y avait déjà un groupe de hard rock qui s’appelait Fortune, méfiez vous les gars ils vont venir vous demander de l’argent quand vous serez des stars. 

Lionel : Ouais ouais on sait, c’est un groupe de hard rock FM. Ils pourront pas nous coller un procès au cul vu que ça a musicalement franchement rien à voir. C’est arrivé à Nirvana aussi, et ils ont gardé leur nom.

Bon : votre album s’appelle « Master Staring At The Ice »… vous m’expliquez le titre?

Tous : Pas du tout. Il s’appelle « Staring At The Ice Melt ».

Lionel : ça s’appelle « Staring At The Ice Melt ». « Staring » c’est fixer, « the Ice Melt » c’est la fonte des neiges, donc regarder, fixer la fonte des neiges. Admirer. C’est dans les paroles d’un morceau de l’album, de « Nothing ». Normalement j’écris tous les textes mais là c’est Thomas, un ami à nous qui l’a écrit, et j’ai trouvé ça hyper bien. Je  n’aime pas trop expliquer ce titre en fait parce que ça peut passer pour un truc écolo alors que pas du tout. C’est une espèce d’impuissance par rapport à l’état du monde et à n’importe quel état en général.
Ca peut aller dans les deux sens en fait. C’est comme Fortune, en latin c’est la bonne comme la mauvaise fortune. On peut l’interpréter comme on veut.

Pierre : C’est juste un beau titre en fait.

Il est assez homogène cet album. Homogène et plein de références. On sent qu’il est maîtrisé aussi. Il vous a pris combien de temps ? Vous nous racontez un peu ?

Lionel : La composition déjà… On s’est formé en avril-mai 2007 et de cette période-là il doit rester un ou deux morceaux à peine. Ce qui a été composé après fait partie de l’album. Il y a plein de morceaux qu’on a jamais enregistrés. On a fait un maxi de 4 titres et on a juste repris Bully dessus.

Pierre : Le premier maxi était cool mais on pouvait pas le garder…

Lionel : …parce qu’on niveau production on était pas allé aussi loin qu’on le voulait. On a beaucoup travaillé avec notre producteur qui est un peu le 4ème membre du groupe, Pierrick.

…Monsieur « 25 Hours A Day »

Lionel : Exact. Il a bossé aussi notamment avec Phoenix, avec Adam Kesher, avec Alex Gopher, et avec nos potes des Yolks aussi.

On a l’impression que vous fonctionnez un peu en adéquation avec le marché actuel…vous espacez les sorties de vos singles, prenez le temps de bien les mettre en valeur, faites beaucoup de scènes entre temps…du coup, vous pensez quand même comme tout le monde que le marché du disque est mort ou c’est une façon de rebondir dessus ?

Lionel : D’un côté c’est hyper frustrant de voir qu’on peut plus vendre des disques et tout, mais d’un autre côté il y a quand même une liberté assez folle de vouloir mettre sa musique sur des blogs et tout, ça donne d’autres opportunités…

Hervé : c’est pas trop calculé non plus en fait, c’est aussi par la force des choses, c’est pas évident en ce moment.

Lionel : on a terminé les ¾ de l’album il y a un an, on a rajouté deux morceaux. Finalement on en a mis qu’un, on l’a remasterisé, on a fait quelques petites changements entre temps. L’album aurait pu sortir l’année dernière mais le label n’a pas voulu. Au début on était vert, on avait cet album dans les mains, on était excité de le sortir et de passer à autre chose…Mais finalement on a très bien compris que ça ne servait à rien, il fallait qu’on fasse encore tourner le nom du groupe, c’est pour ça qu’on a finalement ressorti « Bully », on a fait un clip, on a essayé d’apporter un peu plus d’importance à l’image.

Pierre : Maintenant on sent vraiment qu’il faut que l’album sorte.

Lionel : quand on a sorti le maxi, on a bien vu que seulement Bully avait marché, et on croisait les gens qui nous disaient « alors, à quand un nouveau morceau ? » Alors que merde, y’en avait déjà quatre sur l’EP…Les gens ne l’ont pas écouté, clairement. Ils n’achètent plus de disques. Maintenant il faut faire ses preuves sur onze titres. Et c’est presque hypocrite au final, qui écoute encore des disques en entier ? Ces deux ou trois dernières années j’ai l’impression qu’on en revient d’une certaine manière aux années 60, avec uniquement des singles.

Vous tournez pas mal en Angleterre…ça marche mieux là-bas qu’ici ?

Lionel : Ouais bah finalement cette année on a joué autant en Angleterre qu’en France.

Hervé : On a signé avec un label anglais qui nous a permis d’aller jouer là-bas plus souvent, de faire cette tournée en Octobre. De faire ces 6 dates avec Second Sex, qui sont des supers potes maintenant.

De quels groupes français issus de la nouvelle scène actuelle vous sentez-vous les plus proches ?

Lionel : Phoenix évidemment, Poni Hoax aussi. On est à mi-chemin entre Phoenix, Naïve New Beaters et Poni Hoax. Certes on est pas du tout déconneurs comme les Naïve, mais on est beaucoup moins dark que Poni Hoak.
On ne pense pas trop à ça.

Vous donnez le sentiment d’être un vrai produit French Touch : Ca va du chant de Lionel, très proche de celui de Thomas Mars, à la présence du robot dans « Bully », en passant par votre collaboration presque systématique avec Akroe, le traitement des synthés…c’est une volonté de fan ou vous vous êtes inscrits dans cette mouvance par hasard, par intuition musicale, sans vraiment vous en rendre compte ?

Pierre : je pense qu’on a déjà les mêmes influences déjà.

Lionel : Pour Thomas Mars, ouais, il a une voix aigue et moi aussi, je pense qu’il a beaucoup écouté Michael Jackson et j’ai beaucoup écouté Michael Jackson, il y beaucoup de choses comme ça. La ressemblance à mon avis, au-delà du grain de la voix, c’est qu’on accorde tous les deux beaucoup d’importance à la rythmique. Bizarrement je n’aime pas trop le chant à l’américaine, ce coté trop rock et tout.

Pierre : C’est aussi peut-être toi qui a cette même démarche inconsciente et qui fait le rapprochement dans ta tête entre nous et un groupe comme Phoenix, ça peut vraiment marcher dans les deux sens.

Lionel : Justice par exemple disaient qu’on leur reprochait d’être les nouveaux Daft Punk, et on reprochait à Daft Punk d’être les nouveaux Chemical Brothers.

Pierre : Pour être tout à fait honnête, il y a un morceau qui s’appelle « Nothing » sur l’album, dont est extrait le titre d’ailleurs, et c’est peut-être le morceau le plus « Phoenix » de l’album, quand on a terminé d’enregistrer et qu’il n’y avait pas d’autres morceaux dans ce style-là, celui de Phoenix est sorti et on s’est dit merde, heureusement.
J’aime pas du tout les groupes français qui essayent de copier les anglo-saxons, tu sens qu’il y a un potentiel mais les mecs ne font aucun effort pour apporter quelque chose.

C’est difficile quand tu n’as pas de figure majeure ancienne à adorer dont tu veux reproduire la musique, comme les Beatles en Angleterre. C’est Gainsbourg ou Daft Punk.

Lionel : …ouais mais les mecs avant étaient modernes. On adore plein de trucs français, Etienne Daho, Alain Chamfort…

Pierre : Françoise Hardy aussi…

Lionel : mais c’est vrai que Gainsbourg est totalement écrasant.

Je parlais d’Akroe…

Pierre : Akroe était à la base de l’idée d’Highway. C’est un clip qui part d’une pochette…et c’est lui qui a fait cette pochette.

Lionel : l’idée c’était de rentrer dans la pochette. Comme ce maxi n’est pas sorti en vinyle, les gens n’ont pas pu identifier la pochette. Tu vois juste un petit gif, ça retranscrit mal l’idée. Mais Akroe en a fait plein de déclinaisons et de là est né le clip, Cédric Perrier a ensuite prit chacune de ces images pour les animer. On est allé chez lui, c’est un gros gros nerd.

…Et ça vous semble important d’avoir une image en adéquation avec votre musique, de calquer l’image sur le son comme vous l’avez fait pour le clip d’ « Highway »  avec Akroe donc, de créer une ambiance ? C’est un moyen de s’amuser pour vous ou c’est vraiment quelque chose qui vous importe ?

Pierre : C’est hyper important, et je pense qu’on va encore aller plus loin avec lui.

Lionel : Il va faire le clip du prochain single. On monte toute l’identité du groupe. C’est quelqu’un de très important pour nous, il a une réflexion hyper poussée sur ce qu’on veut faire. On voit le travail qu’il a fait avec Institubes ou TTC par exemple, c’est réfléchi, fin, et puis il est très laborieux. Parfois c’est très compliqué, il met du temps, par moments tu te dis « mais qu’est-ce qu’il fait là ?! », et puis là il t’envoie une image et bim, c’est parfait.

Par ailleurs, avez-vous chacun un « modèle » jouant de votre instrument ?

Lionel : au chant, Michael Jackson, évidemment. Après la guitare, personne.

Pierre : Lionel et moi on se considère un peu comme multi-instrumentalistes. Mais je dirais François de Roubaix.

Hervé : John Bonham. Et Tommy Lee, j’étais hyper fan de Mötley Crüe dans les années 80. J’ai le même tatouage que lui.

Votre film et livre préféré ?

Lionel : Avant je disais toujours « Massacre à la Tronçonneuse ». Mais je dirais plutôt « Gerry », de Gus Van Sant. Sinon, « Adventureland ». C’est un film romantique avec la fille la plus belle du monde, Kristen Steward. Pour les livres, je lis beaucoup d’essais et c’est difficile de les citer, parce que dans un essai comme dans le journalisme, il y a des réflexions passionnantes et d’autres plus difficiles à assumer… Autrement, il y a un auteur français que j’adore qui s’appelle Régis Jauffret.

Hervé : Moi je vais citer le choc visuel que j’ai eu gamin : « Le Magicien d’Oz », la première version en technicolor. Récemment, « Collision ». En livres, la bio de Mötley Crüe!

Pierre : « Jour de Fête » de Jacques Tati, ainsi que « Waiting for The Sun », un bouquin sur la musique à Los Angeles.

Allez, on va dire un morceau aussi.

Lionel : Moi j’ai appris la musique avec Smells Like Teen Spirit de Nirvana, c’est vraiment le choc de ma vie.  Il y a deux trucs en fait, MJ quand je suis gamin, puis j’entends Nirvana, et en bon ado que j’étais je rejette complètement Michael Jackson. Après… je dirais Pavement, Sonic Youth, Grandaddy, Daft Punk, puis quelques morceaux comme ça, de Dizzee Rascal par exemple, plein d’autres…En fait dans les années 2000 je n’ai pas de vraie idole. Peut-être que c’est parce que ce sont les années où je suis moi-même devenu musicien…

Hervé : Y’a Queens of The Stone Age dans les années 2000 aussi. Et sinon je dirais « Ashes to Ashes » de David Bowie.

Pierre : Moi j’aime pas trop choisir mes trucs préférés comme ça. Allez, « Chasseur d’Ivoire » d’Alain Chamfort.

Lionel : Et aussi « Aucun Express » d’Alain Bashung. C’est à chialer.


Selon vous, qu’est-ce que l’Amérique nous a apporté de meilleur ?

Fortune : Santa Claus, Pavement, les casquettes de Quackers et les Fat Boys.

C’est qui votre japonais préféré ?

Lionel et Pierre : Cornelius! C’est le Jean-Michel Jarre japonais, il est incroyable!

Hervé : Aktarus !

Et la femme idéale, elle ressemble à quoi ?

Lionel : Je te l’ai dis tout à l’heure. Kristen Steward.

Pierre : ma copine.

Hervé : pareil, ma femme.

C’est quoi la question super que vous auriez toujours voulu qu’on vous pose et qu’on ne vous a jamais posé ? 

Lionel : j’ai vu ça au Zapping. Candelero a répondu « La taille de ma bite ».

Pierre : La femme de nos rêves c’était bien. En fait c’est toi qui a fait l’interview de nos rêves !

Enfin, si je vous dis « Phunk », vous pensez à quoi ? 

Fortune (ensemble) : PROMO !!!

www.myspace.com/ilovefortune

JULIE DELEANT

Fortune est en concert le 27 Novembre à la Citrouille (St Brieuc)

et à la Maroquinerie le samedi 28 Novembre avec I AM UN CHIEN.

Posté par Phunk
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